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06 septembre 2018

Karen Winter, Directrice des services : « S’agissant de traiter avec de larges populations, on peut vraiment tirer parti de l'examen de tous les projets informatiques menés par Singapour ».

Quand on se projette en 2025, cela nous semble très lointain et beaucoup d'entre nous imaginent un monde complètement différent. En réalité, c'est dans moins de dix ans et nous pouvons déjà savoir ce qu'il sera possible d'avoir d'ici là. À travers deux publications, nous allons interroger des employés de Planon et leur demander comment la technologie peut être utile au Facility Management, pour résoudre des problèmes d’espace, conserver des dossiers précis ou nous permettre d'être plus efficaces. Nous nous pencherons également sur les grandes tendances technologiques qu'ils trouvent intéressantes et sur ce qu'ils anticipent comme réalité pour les années à venir.

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Karen Winter travaille chez Planon depuis plus de 10 ans. Elle est aujourd'hui Directrice des services au sein du bureau de Singapour. Elle a débuté comme consultante chez un partenaire de Planon puis a intégré Planon Allemagne comme consultante senior avant de devenir, en 2009, Directrice CE des services. L'année dernière, elle a rejoint le bureau de Planon de Singapour pour y constituer une équipe.

Quand avez-vous été impliquée pour la première fois dans les logiciels et la technologie ?

C'était à l'époque où j'étudiais l'architecture en rêvant de devenir une célèbre architecte. Au début de mes études, les plans étaient encore dessinés à l'encre, sans aucun ordinateur. Une fois mon diplôme obtenu, tout avait complètement changé : l'informatique était partout. La dynamique de cette évolution m'a fascinée dès le premier jour. Pendant mes études, j'ai d'ailleurs dispensé une formation sur les systèmes AutoCAD à d'autres étudiants d'un des départements universitaires. On peut dire que j'ai été parmi les pionniers dans l'utilisation de cette technologie de CAO !

Ayant commencé à travailler avec les systèmes AutoCAD, j'ai poursuivi dans cette voie après l'obtention de mon diplôme universitaire. J'ai terminé mes études d'architecture, mais je n'ai jamais travaillé en tant qu'architecte. L'aspect informatique du métier m'a beaucoup plus captivée que le métier lui-même et j'ai donc commencé ma vie professionnelle comme architecte de solutions pour les systèmes de CAO.

Que signifie la technologie pour vous ?

Les innovations technologiques ont bouleversé nos vies au cours des dix dernières années. Je ne peux pas imaginer une vie sans technologie : nous en sommes très dépendants.

Comment vous tenez-vous informée à propos de la technologie ?

Concernant le travail, je me tiens au courant à travers des magazines sur l'immobilier et le Facility  Management. Je fais de même via les médias sociaux comme LinkedIn ou via les blogs. En Allemagne, nous avons « Der Facility Manager », un magazine renommé sur le Facility Management. Des blogs tels que « Standpunkt », de l'European Business School, sont très inspirateurs. Je suis aussi avide d'apprendre auprès de mes proches, amis, collègues ou famille, s'ils dénichent de nouveaux sujets !

Quelle est votre ville « tech » ou « smart » préférée ?

En ce moment, c'est à coup sûr Singapour ! C'est une ville fascinante. Qu'est-ce qui la rend technologique ? Je dirais que le degré d'organisation de cette ville est extraordinaire : elle parvient à gérer une telle population (5,5 millions) concentrée sur un espace si limité (environ 20 km, sur un diamètre de 40 km). Par exemple, Le transport public est tellement bien organisé : s'y perdre est impossible. Vous êtes guidé par toutes sortes de signes et de symboles clignotants. Dans les trains, un affichage dynamique vous informe sur la gare la plus proche. Il indique à l’avance les différentes sorties pour que vous trouviez le meilleur chemin selon votre destination. Toutes les informations sont affichées en quatre langues, compte tenu des différentes nationalités qui cohabitent dans cette ville.

La construction écologique et un autre aspect important dans les projets menés par la ville. De toute évidence, les immeubles de grande hauteur (IGH) sont nombreux, mais vous avez toujours l'impression que votre environnement est vert. Il y a beaucoup de parcs, même autour du quartier central des affaires (le CBD). Presque tous les IGH comprennent une sorte de jardin de toiture ou une façade verte. Cela fait partie d'un projet qui vise que 80 % de tous les bâtiments soient certifiés d'ici 2025. Le gouvernement fait tout son possible pour promouvoir le concept de ville verte et de bâtiments certifiés écologiques.

À propos de ces grands projets de construction écologique à Singapour, avez-vous un bâtiment préféré ?

Mon bâtiment préféré est en fait à Düsseldorf, en Allemagne. C'est un bâtiment emblématique : la porte de la ville (« Stadttoor »). Un gratte-ciel de 84 mètres (276 pieds) dans le quartier Unterbilk de Düsseldorf. L'immeuble a été conçu en 1998 par le cabinet d'architectes Petzinka, Overdiek und Partner, basé à Düsseldorf. Cela fait longtemps qu'ils réfléchissaient aux aspects durables, par exemple comment traiter le rafraîchissement ou le chauffage d'un immeuble de manière plus responsable. Ils ont presque réussi à obtenir un bâtiment à énergie zéro, ce qui représentait un problème et un défi majeurs lors de sa construction. Au-delà des solutions innovantes mises en œuvre, j'apprécie aussi l'architecture audacieuse du bâtiment.

Si l'on compare la vie à Singapour et la vie en Allemagne, les différences en termes de technologie sont-elles importantes ?

Singapour est beaucoup plus informatisée. C'est remarquable au quotidien, en se promenant dans les rues. Par exemple, vous ne trouverez aucune presse imprimée et vous ne verrez personne lire un journal. Tout le monde utilise son smartphone pour vérifier les choses. Les déplacements autour de l'île sont vraiment facilités par toutes sortes d'applications : pour louer un vélo, utiliser GRAB (la version asiatique d'Uber) n'importe où. Toutefois, dans le monde professionnel, les entreprises, même importantes, n’utilisent pas encore de système de bases de données pour leurs opérations de gestion de la maintenance. Avec une main-d'œuvre bon marché (pas de salaire minimum), la pression sur la réduction du travail manuel n'est pas aussi forte qu'en Allemagne.

En vivant à Singapour, certaines technologies allemandes vous manquent-elles ?

Les voitures électriques ! En Allemagne, du fait des longues distances à parcourir dans le pays, l'autonomie limitée est un argument fréquemment avancé contre les voitures électriques. À Singapour, les distances ne devraient pas poser problème et je m'attendais à ce que, dans une ville aussi avancée que Singapour, 80 à 90 % des voitures et des bus fonctionnent à l'électricité. Mais non : de façon surprenante, le trafic reste assez traditionnel.

À quelle tendance technologique devrions-nous prêter attention dans le monde du Facility Management pour les 10 prochaines années ?

L'une des tendances que j'ai le plus remarquées à Singapour est la reconnaissance faciale et toutes les possibilités qu'elle offre pour obtenir des informations ou interagir avec la technologie. Elle est déjà utilisée pour le contrôle d'accès par exemple, ce qui est parfaitement logique pour déterminer qui a accès à certaines parties d'un bâtiment. Vous n'avez plus besoin de clés ni de cartes d'accès si vous configurez les choses pour que le bâtiment vous reconnaisse. Je pense que cela aura un impact énorme sur la façon dont nous nous déplaçons et travaillons dans les bâtiments. Elle pourrait aussi être utile pour vérifier qui a accès à un équipement. Je vois cela comme une tendance incontournable. À cet égard, la reconnaissance vocale et la manière dont nous interagissons avec les machines vont aussi évoluer très vite.

Dans quelle mesure êtes-vous prête pour les prochaines innovations technologiques ?

Eh bien… je crois que je travaille pour une entreprise déjà prête pour la prochaine vague d'innovation !

Je dépends beaucoup de mon smartphone : sans lui, je suis complètement perdue. Il rassemble de nombreuses technologies auparavant isolées ; nous n'avons plus besoin d'appareils photo, de systèmes de navigation ou de calculatrices. Un seul appareil suffit. Cela me prépare-t-il aux prochaines innovations ? L'avenir nous le dira !

Karen Winter
Services Director for Asia