Young people around an office desk.

Le nouvel environnement de travail, « Tout sauf standard »

Le bureau standard ne convient plus : cet article souligne l’importance de stimuler la collaboration et le travail en équipe.

Dans un récent article du magazine américain Harvard Business Review, on peut lire ce passage étonnant : « Nos dirigeants annoncent publiquement qu’ils souhaitent notre retour au bureau, mais pour bon nombre d’entre nous, les tensions actuelles autour du travail sont toutes liées à notre hésitation à retrouver le même fonctionnement qu’avant. Ce mode de travail “normal” a engendré un écosystème d’espaces de travail qui semblait conçu pour nous exploiter, nous stresser et réduire notre capacité d’action. Il a nui à notre santé. Si les entreprises nient la réticence des collaborateurs ou espèrent qu’elle n’est que passagère, elles devront sans cesse se démener pour attirer les meilleurs talents et s’étonneront d’avoir bien du mal à conserver ceux qu’elles réussissent à attirer. » (Marcus Buckingham, « Designing Work That People Love », HBR, mai 2022).

L’article porte essentiellement sur l’activité professionnelle, pas sur le lieu de travail physique, mais lorsque je l’ai lu, j’ai immédiatement fait le lien avec l’aménagement du lieu de travail, déformation professionnelle oblige. Après tout, il est difficile de séparer le travail du lieu où il est effectué. Et l’aménagement de l’espace peut avoir une influence majeure sur le fait d’aimer ou non son travail et sur le degré d'engagement des employés.
Jusqu’à récemment, il était impératif pour de nombreux services de facility management de standardiser l’environnement de travail, afin d’offrir à tous les collaborateurs de l’entreprise les mêmes aménagements et infrastructures. C’est ainsi que le redoutable « open space » avec ses bureaux compartimentés s’est développé et pérennisé, bien qu’il soit devenu la cible de plaisanteries dès son apparition. Dans un monde ou le fait de « travailler » impliquait la présence sur un lieu de travail, il était économiquement logique de standardiser (et de diminuer) les espaces de travail individuels. Nous avons tous considéré comme des environnements de travail « normaux » les open spaces qui s’étendaient à perte de vue.

Chacun a sa propre vision de ce qu'est la « norme »

Comme chacun sait, la pandémie a changé la donne. Lorsque les entreprises
du monde entier ont fermé, les employés ont dû se réfugier chez eux. Cette
contrainte les a incités à aménager un espace de bureau qui correspondait à
leur mode de travail et à leurs préférences personnelles. Si les premiers mois
de la pandémie étaient angoissants, cette période difficile aura permis à
certains d’exprimer leur créativité. Non seulement nous avons agencé nos
propres espaces de travail, mais nous avons également imaginé de nouveaux modes
de communication et de socialisation. Nous avons appris à mener des réunions
vidéo productives via Teams, Zoom et Webex, et à profiter de nos proches par
l’intermédiaire d’un écran, notamment avec les visio-apéros et les jeux en
ligne.

Et puis, les bureaux ont commencé à rouvrir, d’abord par tâtonnements, ensuite avec davantage de détermination. C’est alors que nous avons constaté que nombreux actifs préféraient les espaces de bureau personnels qu’ils s’étaient créés. Ce que nous avons appelé un temps « la nouvelle norme » semble aujourd’hui largement accepté : un environnement hybride dans lequel les collaborateurs travaillent alternativement au bureau et chez eux, ou encore dans d’autres lieux en fonction des besoins ou de leur choix. Chacun définit sa propre « norme ».

Un environnement de travail tout sauf standard

Ce constat concorde avec l’argument de M. Buckingham selon lequel l’environnement de travail est « tout sauf standard ». Il considère que la standardisation a un effet dévitalisant, qui donne aux employés l’impression d’être les rouages d’une machine et non estimés pour leur contribution individuelle. M. Buckingham souligne que « pour éviter la standardisation, les entreprises doivent organiser le travail en fonction des besoins des équipes ». Cette analyse semble elle aussi être en lien direct avec le lieu de travail physique, où les open spaces vides sont en passe d’être remplacés par des agencements permettant à des groupes plus ou moins importants de collaborer. Nous nous sommes rendu compte qu’avec « la nouvelle norme » (expression qui semble déjà terriblement dépassée), la collaboration et le travail en équipe figurent parmi les principales raisons qui poussent à retourner au bureau. Au moins occasionnellement.

Un retour au bureau motivé par le travail d’équipe et la collaboration

Dans un environnement hybride, différentes raisons incitent chacun à faire le choix de son lieu de travail. C’est souvent la collaboration qui joue en faveur du travail en présentiel. Pour certaines personnes, il s’agit de s’éloigner des distractions du foyer, d’accéder aisément à des outils ou des infrastructures, ou simplement de retrouver des collègues. Pour d’autres encore, les préoccupations sanitaires réelles ou perçues les dissuadent toujours de retourner au bureau. Le fait est que chaque collaborateur prend des décisions motivées par des critères différents, parce que chacun est soumis à des contraintes différentes qui pèsent sur sa vie professionnelle et privée. Comme l’écrit M. Buckingham, « il n’y a rien d’étonnant à ce que deux personnes qui font le même métier l’apprécient et l’exercent de manière très différente ». Suite à la pandémie, la reconnaissance et le respect des différences individuelles sont peut-être ce qui est arrivé de mieux en matière d’environnement de travail, du moins concernant le bureau en entreprise. Grâce aux technologies qui ne cessent d’améliorer les modes de collaboration virtuelle, nous pourrons bientôt déterminer notre propre lieu de travail au jour le jour. Nous serons ainsi plus à même d’offrir le meilleur de nous-mêmes à l’entreprise qui nous emploie.


Nos technologies aident les responsables de l’environnement de travail à s’organiser en fonction des besoins des équipes et à améliorer l’engagement vis-à-vis des espaces de travail.

Informations sur l'auteur

David Karpook | North American Business Development Director

Expert dans la gestion immobilière et du Facility Management depuis 25 ans, David a été client, fournisseur et a travaillé pour un intégrateur de systèmes. Egalement formateur avec une vue stratégique du marché, il a géré des projets technologiques sur des problématiques workplace à travers le monde. David est président d'OSCRE International, un organisme de normalisation dans l'industrie immobilière. En tant que membre actif de l'IFMA et membre associé depuis l'année 2016, il est président de la communauté Real Estate Advisory & Leadership (REAL) de l'IFMA et membre de la Global Workforce Initiative de la Fondation IFMA.

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